Im Dickicht der Bilder

DER STERNSTECHER

Die Sterne am Firmament, wie das früher so schön hiess, sind unendlich. Es gibt diesen Schauer beim Betrachten des nächtlichen Himmels, ein Schauer, der einem Taumel gleicht ob der Unendlichkeit, die sich öffnet – wenn denn nicht die so genannte Lichtverschmutzung den Blick verstellt, nämlich so, dass vor lauter Licht das Licht der Sterne nicht oder kaum mehr sichtbar ist, jenes Licht, das zugleich mit dem Raum die Zeit, ja Epochen und Äonen öffnet, da ja der Widerschein der Sterne durchaus von Himmelskörpern stammen kann, die seit langem erloschen sind. Dies überlegend, wird der Taumel nochmals grösser.

Die Sterne am Firmament sind unendlich. Das wusste schon das Hirtenbüblein in Grimms gleichnamigem Märchen. Als das kluge, ja weise Kind vom König gefragt wurde, wie viele Sterne es am Himmel gebe, bat es um einen Bogen Papier und um Tinte und Feder. Es zeichnete Punkt nach Punkt, unendlich viele zeichnete es und bat darum, jemand solle die Punkte zählen. Niemand war dazu imstande. Das Büblein hatte gezeigt, was Unendlichkeit bedeutet.

Wolfgang Zät ist ein neuer Sterndeuter. Er setzt – sei das im Medium der Radierung, sei es, neuestens, auf einer mehr als grossformatigen Linolplatte – seine Punkte. Sterne sind es, als Sterne erscheinen sie uns. Helle, kleine Punkte, die auf dem Blatt oder auf dem Papierbogen aufscheinen. Automatisch sehen wir Sterne, wenn Punkte auf einer dunklen oder auch, bei den Radierungen, auf einer irisierenden Fläche auftauchen. Unendlichkeit sehen wir.

Dabei geht es Zät sicher auch um die Sterne. Aber es geht ihm nicht um das Abbild des Sternenhimmels mit seinen Sternbildern und -konstellationen. Es geht ihm nicht um die Abbildung des Nicht-Abbildbaren, nicht in erster Linie um die Illusion, die wir uns unweigerlich machen, wenn wir diese Punkte als Sterne sehen. Es geht ihm vor allem um Licht und Fläche und Raum. Es geht ihm um Bildraum und um Bildlicht.

Wie seine Landschaftsbilder, diese Bild-Dickichte, vor allem vom Licht leben und Räume öffnen, eine Schlucht zwar erahnen, Pflanzen suggerieren mögen; wie er in seinem Triptychon das Dunkle mehr und mehr ins Dunkel getrieben hat, bis es tief schwarz geworden ist – ein Schwarz, das schimmert im Licht der Umgebung –, wie er also radikal die Schwärze als schwarze Schwärze zum Sujet eines Bildes gemacht hat, so hellt er jetzt umgekehrt mit dem minimsten Mittel des Punktes, aber grossem Aufwand das Dunkle wieder auf. Er setzt Lichtpunkte.

Indem Zät Lichtpunkte setzt, öffnet er auf der Fläche einen Bild-Kosmos. Er bringt die dunkle Bildfläche zum räumlichen Flimmern und lässt das Auge in imaginäre Unendlichkeiten gleiten. Konrad Tobler

 

LE GRAVEUR D’ÉTOILES

Comme on l’a dit de tout temps, au firmament, le nombre d’étoiles est illimité. En observant le ciel nocturne nous ressentons toujours ce frisson, ce vertige face à l’infini. Se déploie ainsi sous nos yeux – en l’absence de cette pollution lumineuse qui masque ou fait disparaître la lueur des étoiles, cette luminosité qui, avec l’espace, nous donne accès au temps et même à l’éternité, car la lumière stellaire peut fort bien provenir d’astres depuis longtemps éteints et en prendre conscience accroit encore le vertige.

Les étoiles au firmament sont innombrables au premier sens du terme. Le petit berger des frères Grimm le savait fort bien. Lorsque le roi demanda à l’enfant empli de sagesse combien le ciel comptait d’étoiles, celui-ci demanda qu’on lui apporte une feuille de papier, de l’encre et une plume. Il dessina point après point un nombre infini d’astres et demanda à ce que quelqu’un les dénombre. Personne n’y parvint et le jeune garçon démontra ainsi ce qu’était l’éternité.

Wolfgang Zät est un nouvel astrologue. Il dispose ses points sur ses gravures et, récemment, sur des linogravures au format hors norme. Ce sont bien des étoiles et elles nous apparaissent ainsi. De petits points clairs qui perlent sur la feuille. Nous identifions d’emblée à des étoiles ces points se détachant sur un fond sombre ou irisé, comme celui des gravures, et nous y voyons l’infini.

Zät aussi pense certainement aux étoiles, mais il ne s’agit pas pour lui de reproduire la carte du ciel avec les différents astres et les constellations. Il ne cherche pas à représenter ce qui ne peut l’être, à figurer l’inévitable illusion qui est la nôtre quand nous interprétons ces points comme des étoiles. Son sujet est avant tout la lumière, les surfaces, l’espace. Il est d’abord préoccupé par la lumière et l’espace de la composition.

Ses paysages, images foisonnantes, cherchent surtout à faire vivre la lumière, ouvrir des espaces, non sans laisser deviner un gouffre et suggérer des plantes. Dans son triptyque, il pousse le sombre jusqu’au noir le plus profond qui miroite dans la lumière environnante. Il prend le noir absolu résolument pour thème. Ici en revanche, il éclaire à nouveau l’obscurité par des points, moyen minimaliste, mais mis en oeuvre à grande échelle. Il dispose des points de lumière. Ce faisant, il déroule un cosmos à la surface du tableau. Il la transforme en espace scintillant et conduit notre regard vers un infini imaginaire.

Konrad Tobler